Premier projet de cette année: Tokyo Notes, une pièce d’Oriza Hirata.

Bonsoir,

Cette semaine nous avons rencontré Olivier Maurin, avec qui nous préparons Tokyo Notes, une pièce d’Oriza Hirata, un auteur Japonais.

J’admet que jusqu’ici, je n’avais jamais vraiment accordé beaucoup d’intérêt à ce qui se rapporte de près ou de loin au Japon, à tort probablement. D’où une certaine appréhension après une première lecture de cette pièce…

Nous nous sommes retrouvés autour d’ouvrages et documents se rapportant à la culture Japonaise. Je dois dire que cette entrée en matière, avant la préparation du projet proprement dite, s’est avérée très pertinente. Nous avons abordé des sujets jusqu’alors inconnus mais loin d’être anodins pour les artistes en herbe que nous sommes, et qui contribueront à enrichir notre perception de l’art.

Si je vous dis le Haïku? Moi je ne connaissais pas avant la semaine dernière…
C’est un petit poème extrêmement bref visant à dire l’évanescence des choses. Une forme poétique très codifiée japonaise, et très symbolique. Il rend compte d’une sorte d’illumination, d’étonnement éprouvé par le poète devant des choses communes et banales. Le but étant de nommer les choses directement sans recourir aux métaphores. Le haïku doit se lire à la lettre. Nous sommes loin de nos Alexandrins, mais le Haïku est pourtant aussi un art poétique à part entière…
L’exemple le plus célèbre: «Dans la vieille mare, une grenouille saute, le bruit de l’eau.»

J’ai également découvert le Bunraku, un type de théâtre Japonais datant du XVIIe siècle. Le personnage y est représenté par une marionnette de un à deux mètres de hauteur manipulée à vue par trois marionnettistes.

D’après Roland Barthes, un critique et sémiologue français dont nous avons lu quelques textes en cours:

«Le théâtre occidental a pour fonction essentielle de manifester ce qui est réputé secret (sentiments, situations, conflits…) tout en cachant l’artifice même de la manifestation (la machinerie, les sources de lumières…). […] Dans le Bunraku, les sources du théâtre sont exposées dans leur vide. Ce qui est mis à la place c’est l’action nécessaire à la production du spectacle. Le travail se substitue à l’intériorité.»

Il est intéressant de prendre conscience de l’existence de fondements artistiques différents de ceux auxquels nous sommes habitués, et qui de ce fait altèrent notre perception et agissent sur notre appréciation. Comprendre l’essence artistique des autres cultures, c’est savoir se positionner autrement, sortir de notre ancrage, pour accéder à une vision plus globale et universelle tout arts confondus.

Il y a cependant des points qui m’ont posé problème à la lecture: par exemple la place de la politesse, très récurrente dans le texte (nous n’en avons pas la même perception en occident), les onomatopées (peu habituelles malgré la traduction française)…
Mais après réflexion, c’est justement ce qui est passionnant : comment nous – européens – nous allons donner vie à ce projet? Et je touche là un sujet auquel je suis sensible, car directement concernée: le mélange des cultures.

À bientôt,

Priscillia à 21h10